A LA RECHERCHE DES METIERS PERDUS
 

S'il est une chose extraordinaire que permet le Parc Astérix, c'est bien de voyager dans le temps, comme nous le prouvent les pubs TV du moment.

Après être passés entre deux tours étonnamment hilares et avoir résisté au "GOUDURIX", nous faisons notre entrée sur la place du moyen âge.

Un bruit de métaux entrechoqués attire notre attention. Nous nous retournons sur la gauche.
Un forgeron y travaille le métal "à l'ancienne", un marteau à la main, une longue barre de métal dans l'autre et une enclume en dessous. Nous nous approchons. L'artisan vient d'enfoncer l'objet métallique qu'il travaille dans un tas de braises rouges pour le chauffer, le rendre plus malléable. Il attise le feu à l'aide d'un "escargot", instrument de la forme du gastéropode qui souffle sur le foyer par l'action d'une manivelle. Au sortir de là, le bout de métal rouge est précipité sur une enclume que ne renierait pas Le Coyote de la Warner, pour être honteusement frappé devant la foule impassible.

C'est aujourd'hui Frédéric JUNGHANS, jeune homme fort sympathique que nous avons vu à l'œuvre. Il pratique en tant qu'artisan depuis deux ans et, cette année, c'est la première fois qu'il propose des démonstrations de son talent au Parc Astérix et, une chose est sûre, l'expérience lui plaît.
Frédéric aime beaucoup les expériences nouvelles, les rencontres avec le public ou les "professionnels de sa profession". Tout ce qui peut permettre de parfaire ses connaissances et son savoir-faire est un bienfait à ses yeux. 
Son maître au Parc Astérix, c'est Jacques GAUTHIER. Il n'est pas là aujourd'hui mais, ne vous inquiétez pas, nous vous parlerons de lui très rapidement. L'homme est un incontournable du Parc Astérix..

Venir ici, sans poser de questions c'est comme aller voir la tour Eiffel sans aller la visiter, il vous manquera quelquechose.
Saviez vous qu'après avoir connu un creux, il y a une dizaine d'années, sa profession connaissait un renouveau grâce, entre autres, à l'éclosion des jeux de rôle grandeur nature pour lesquels les participants dans un souci de réalisme se munissent de vraies épées ? Etonnant, non ?
Vous trouverez d'ailleurs, ici, des épées à la vente pour la modique somme de 25000 F.
 

Petit problème de mathématique :

· Sachant qu'un forgeron est payé sur la base de 250 F/l'heure, calculez combien de temps prend             fabrication d'une épée ?
Bien plus que vous ne pensez !

Saviez-vous qu'au moyen âge, la femme du forgeron était la potière et, que de nos jours, il en était de même
en Afrique ?

Tout ce savoir, Frédéric le partage volontiers avec les visiteurs du parc qui le questionnent.
Quand on lui demande quelle mouche l'a piquée quand il a choisit son métier, il a de très jolies réponses :
En nous montrant d'abord un morceau de métal brut et ensuite la sculpture d'un dragon, il nous dit que le challenge de passer de l'un à l'autre est une de ces motivations.
Rendre malléable ce qui ne l'est pas pour lui donner la forme que l'on a dans la tête.
Prouver la supériorité de l'esprit sur la matière aussi dure soit elle. Et cela en utilisant les quatre éléments que sont :

- La terre qui donne les matières premières : le charbon et le métal.
- Le feu pour amollir le métal.
- Le vent pour attiser le feu.
- L'eau pour refroidir rapidement le métal et éviter que les cendres brûlent trop vite.
La symbolique est forte.
Frédéric travaillait également, quand nous l'avons rencontré, sur une enseigne en fer forgé pour Madeleine VIGNOLA, la vitrailliste, qui se situe au début de la rue de Paris, un peu plus haut.
Vitrailliste, vitrailliste ! Maître verrier devrais-je dire !
On les appelle également "peintres-verriers".

Madeleine est, je ne pense pas qu'elle m'en voudra si je dis ça, la vétérante des artisans du Parc Astérix.
Elle fabrique des vitraux, Madeleine.
Quand j'ose lui demander - je vous assure sans aucune arrière-pensée machiste ou misogyne - si c'est un métier de femme, elle me répond tout de go et sans aucun détour qu'effectivement c'est plutôt un métier d'homme. Je m'attendais à cette réponse et pourtant je m'étonne de tant de franchises. Je me fais l'avocat du diable en insistant sur l'aspect minutieux de son art et elle m'explique que son travail consiste essentiellement dans la rénovation des vitraux d'église et qu'une force masculine est indispensable pour défaire et positionner d'aussi grandes surfaces.
C'est d'autant plus un métier d'homme que, quand elle avait une quinzaine d'années, il était tout bonnement interdit aux femmes.
nD'ailleurs les mots "Maîtresse-verrier" ou "Maitresse-Verrière" n'existent pas.
Les esprits ont évolué ensuite et c'est tant mieux parce que sinon nous n'aurions pas rencontré celle qui grâce à sa présence au Parc Astérix depuis 1995 rajeunit : "J'ai l'impression d'être au lycée !" nous a-t-elle confié.
Nul doute qu'elle doit avoir de bons souvenirs d'école.

L'art du vitrail consiste à assembler de façon harmonieuse des morceaux de verre blanc, teints ou peints grâce à un sertissage composé d'un métal tendre à base de plomb et d'anti-moine. Avouez que c'est un comble pour un art qui fait automatiquement penser aux églises et à la religion. C'est un jeu de patience qui peut s'apparenter au puzzle à la seule différence qu'on y fabrique ses propres pièces. Il s'agit là du seul des arts plastiques qui intègre à ce point la notion de lumière. Qu'elle soit artificielle ou naturelle, qu'il fasse grand jour ou semi-pénombre et selon les phénomène météorologiques, la lumière change l'oeuvre, la fait évoluer.

Depuis cette année seulement, vous pouvez, si vous le souhaitez, acheter les oeuvres des artisans du parc. Sachez qu'il vous en coûtera 15000 f le m2 de vitraux.

J'allais oublier de vous parler d'un autre aspect des vitraux un peu moins connu : les lampes Tiffany, du nom de l'artiste américain Charles-Lewis Tiffany, vous savez, ce sont ces fameuses lampes qui apparurent à la fin du siècle dernier et qui ont la particularité de posséder un abat-jour en vitraux. Comme quoi, ici, le voyage dans le temps est permanent.
Et hop ! Un petit coup de machine du père H.G. Wells et nous voilà revenus au moyen âge avec Alex LAVOISIER, tailleur de pierre de son état. Il expose son talent au public juste en face de Madeleine que nous venons de quitter. 
Alex, tout comme sa voisine d'en face, est un artiste libre.
Quand nous lui demandons s'il se considère plus artiste qu'artisan, il répond qu'il est artisan quand il taille la pierre et artiste quand il la sculpte.
Le tailleur doit se plier à la géométrie impérative du trait alors que le sculpteur laisse évoluer le trait artistique.
Pour parfaire cette incursion dans le moyen âge, Alex travaille sur de la pierre calcaire de St-Maximin, une pierre tendre utilisée à cette époque.
Ils sont, en fait, trois à se relayer pour que les jeunes générations n'oublient pas cet ancien métier et ainsi donner l'envie à certains de suivre leur trace. Il existe encore, de nos jours, des écoles qui apprennent cette étonnante vocation.
L'envie d'Alex pour son art lui est d'ailleurs venue lors d'une démonstration en Bretagne alors qu'il avait vingt ans.
L'ésotérisme et le mystère sont des ingrédients indispensables aux oeuvres qu'il façonne et qu'il expose.
Essayez de lui faire avouer quel est ce mystérieux nombre d'or dont il a commencé à nous parler. A nous, il n'a pas tout dit !
Ici aussi, et depuis seulement cette année, il est possible d'acheter un souvenir du passé.
Nous avons posé, pour finir, la "question ZINELAND" à notre tailleur de pierre :
- " Si l'on vous donnait les moyens, à quoi ressemblerait LAVOISIERLAND, votre parc d'attractions ?"
- " Un parc thématique sur le moyen âge où chaque thème reprendrait un métier oublié."

Nous trouvons l'idée excellente. Pas vous ?
 

J'espère que nous vous avons donné l'envie d'en découvrir d'avantage sur ces "métiers perdus".
Si c'est le cas, courrez vite les rencontrer au Parc Astérix.
 

Une autre solution, contacter les directement :


Monsieur Frédéric JUNGHANS
Forgeron - Ferronnier
Tél. : 01 43 37 46 19


Madame Madeleine VIGNOLA
Maître verrier - Vitrailliste
2ter rue Désiré Léon
93140 BONDY
Tél. : 06 12 53 73 91


Monsieur Alex LAVOISIER
Tailleur de pierre - Sculpteur - Modeleur
5 rue de Montauban
60350 HAUTE FONTAINE
Tél. : 03 44 42 10 96
Il peut vous proposer des oeuvres à partir de 800 F


Le mois prochain, nous découvrirons deux personnages rares et étonnants du Parc Astérix.
Ne rater pas le rendez-vous à partir du 5 septembre.


Je remercie les artisans du Parc Astérix pour leur gentillesse et la façon qu'ils ont de partager avec amour leur art et leur passion.
Je remercie vivement Madame ALDELBRECHT sans qui ces rencontres répétées au Parc Astérix n'auraient pu se faire.
Je remercie Jérémy qui m'a secondé dans ce voyage captivant dans le temps et le talent.
Et, enfin, je remercie particulièrement Jean-Marie GORRIQUER sans qui d'aussi belles photos n'auraient pas agrémentés cette page.

David Zineland